"La France qui se lève tôt" répond à Sarkozy - Statistiques Populaires - CRAN


"La France qui se lève tôt" répond à Sarkozy

Depuis 2005, Nicolas Sarkozy a beaucoup opposé dans ses discours « la France qui se lève tôt » à la France des allocations, des racailles et des banlieues.

Le 6 mars 2005, devant le Conseil national de l'UMP, il déclarait : « C'est pourquoi l'Union pour un Mouvement Populaire souhaite que l'on fasse davantage pour la France qui se lève tôt le matin (…). La France qui n'en peut plus du nivellement, de l'égalitarisme et de l'assistanat, doit être entendue, écoutée et récompensée. »

Le 18 décembre 2006, dans son discours de Charleville-Mézières (Ardennes), il valorisait encore « la France qui croit au mérite et à l’effort, la France dure à la peine, la France dont on ne parle jamais parce qu’elle ne se plaint pas, parce qu’elle ne brûle pas les voitures ».

Dans son Discours à Meaux, 13 avril 2007, il affirmait : « Que doivent penser ceux qui se lèvent à 5 heures du matin pour prendre un bus et aller travailler quand leurs impôts financent les vacances et la carte orange de ceux qui ne travaillent pas ? Ce qui mine la société française, ce n'est pas l'élitisme, c'est l'égalitarisme, le nivellement, l'assistanat, le sentiment que quel que soit le mal qu'on se donne, de toute façon ça ne servira à rien parce que tout le monde s'en moque. »

Derrière cette France de l'assistanat, des banlieues, de la carte orange et de ceux qui brûlent les voitures, Nicolas Sarkozy n'était-il pas en train de cibler implicitement les Noirs et les Arabes ? Mais alors, qui sont, à l'opposé, ces Français qui se lèvent tôt, dont il fait sans cesse l'éloge ? Sont-il forcément blancs ?

Un étudiant, ami du CRAN, a mené l'enquête sur cette « France qui se lève tôt », un jour de novembre 2015, en semaine, à Austerlitz. Ce quartier de Paris n'est pas spécialement connu pour être un ghetto noir ou arabe.

L'enquêteur s'est levé de bon matin, et s'est posté entre 6h et 7h sur les quais de la ligne 10 et de la ligne 5, en observant les personnes qui attendaient le métro.

Ligne 10, le pourcentage de personnes blanches était de 42,6 %, le pourcentage de personnes non-blanches était de 57,4 %.

Ligne 5, les personnes issues de la diversité représentaient 67,7 %, les personnes blanches étant 32,3 %.

Bien entendu, ces pourcentages évoluaient à fronts renversés, à mesure que le temps passait, et que l'on avançait dans la journée.

Bref, dans ce quartier, en tout cas, la France qui se lève tôt, c'est en grande partie les Noirs et les Arabes.